{"id":64,"date":"2026-04-04T10:12:21","date_gmt":"2026-04-04T08:12:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bon-vivant.co\/?p=64"},"modified":"2026-04-04T10:12:36","modified_gmt":"2026-04-04T08:12:36","slug":"pourquoi-osaka-est-la-ville-food-quon-prefere-au-japon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.bon-vivant.co\/index.php\/2026\/04\/04\/pourquoi-osaka-est-la-ville-food-quon-prefere-au-japon\/","title":{"rendered":"Pourquoi Osaka est la ville food qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re au Japon"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au Japon, Osaka a une r\u00e9putation. Les Japonais eux-m\u00eames ont un mot pour \u00e7a : <em>kuidaore<\/em> litt\u00e9ralement, \u00ab\u00a0se ruiner en mangeant\u00a0\u00bb. C&rsquo;est la ville o\u00f9 on vient pour manger, o\u00f9 les gens parlent de nourriture comme d&rsquo;autres parlent de sport, o\u00f9 un restaurant peut avoir quarante ans de queue et aucune \u00e9toile Michelin. Osaka n&rsquo;a pas besoin de validation. Osaka mange.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On le comprend d\u00e8s le premier soir. Pas dans un guide, pas sur une carte. Dans la rue, \u00e0 l&rsquo;odeur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La rue d&rsquo;abord<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Osaka se mange debout. Le takoyaki, ces petites boules de p\u00e2te fourr\u00e9es de poulpe, grill\u00e9es sur des plaques rondes et napp\u00e9es de sauce est partout. On en mange un premier en marchant, br\u00fblant, un peu maladroitement avec les baguettes. On en rach\u00e8te un deuxi\u00e8me dix minutes plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;okonomiyaki suit le m\u00eame principe : une sorte de galette \u00e9paisse, \u0153uf, chou, fruits de mer ou porc, garnie de mayonnaise japonaise et de bonite s\u00e9ch\u00e9e qui ondule sur le dessus \u00e0 la chaleur. C&rsquo;est g\u00e9n\u00e9reux, umami, r\u00e9confortant. Le kushikatsu, brochettes pan\u00e9es et frites, tremp\u00e9es une seule fois dans la sauce maison sous peine d&rsquo;exclusion sociale est l&rsquo;autre religion locale. Chaque adresse a sa version, ses r\u00e8gles, ses habitu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui frappe, c&rsquo;est que personne ne mange en vitesse. On commande, on attend, on go\u00fbte. Le street food \u00e0 Osaka n&rsquo;est pas de la nourriture de passage. C&rsquo;est de la nourriture de plaisir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Kuromon, le march\u00e9 qui nourrit la ville<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le march\u00e9 Kuromon s&rsquo;appelle la \u00ab\u00a0cuisine d&rsquo;Osaka\u00a0\u00bb et ce n&rsquo;est pas un surnom marketing. C&rsquo;est un long couloir couvert, dense, bruyant, o\u00f9 les poissonniers coupent des thons entiers \u00e0 la scie, o\u00f9 les mara\u00eechers empilent des l\u00e9gumes qu&rsquo;on ne sait pas toujours nommer, o\u00f9 les vendeurs de fruits proposent des fraises de la taille d&rsquo;une p\u00eache \u00e0 des prix qui font mal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On y va le matin, avant les touristes. Les chefs sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, ils choisissent, ils n\u00e9gocient, ils repartent avec des caisses. On suit sans vraiment savoir o\u00f9 on va, on s&rsquo;arr\u00eate sur un tabouret devant un comptoir de fruits de mer, on commande ce que le voisin a dans son assiette. Ce sera des oursins frais sur riz. C&rsquo;est la meilleure chose qu&rsquo;on ait mang\u00e9e ce matin-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une nuit chez Wagyu Kingdom<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le nom est sans \u00e9quivoque. Wagyu \u738b\u56fd le Royaume du Wagyu. On pousse la porte sans trop savoir \u00e0 quoi s&rsquo;attendre, et on se retrouve dans une salle sombre, intime, avec devant nous un plateau de viande crue d&rsquo;une beaut\u00e9 presque d\u00e9rangeante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le wagyu, c&rsquo;est cette viande de b\u0153uf japonais dont le persill\u00e9, ces fines veines de gras qui traversent la chair est \u00e0 ce point d\u00e9velopp\u00e9 qu&rsquo;il fond litt\u00e9ralement \u00e0 la cuisson. Sur le plateau : plusieurs coupes diff\u00e9rentes, chacune avec sa texture, sa couleur, son degr\u00e9 de marbrage. Une fleur rose pos\u00e9e dessus, comme une attention. On grille chaque morceau soi-m\u00eame sur le feu incandescent au centre de la table, trente secondes, pas plus. On mange lentement. On ne parle pas beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La soir\u00e9e hana-shu<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre le wagyu et le retour \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, il y a eu une bouteille. Un <em>hana-shu<\/em> \u2014 alcool de fleurs, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9, avec une \u00e9tiquette qui ressemble \u00e0 une affiche des ann\u00e9es 50. On l&rsquo;a trouv\u00e9e dans un petit bar sans enseigne, on l&rsquo;a partag\u00e9e avec le sourire de ceux qui ne s&rsquo;attendaient pas \u00e0 finir la soir\u00e9e comme \u00e7a. Ce sont ces moments-l\u00e0 qu&rsquo;on ne planifie pas et dont on se souvient le mieux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le petit-d\u00e9jeuner avec vue \u00e0 l&rsquo;Imperial Hotel<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;Imperial Hotel, c&rsquo;est une institution japonaise. La maison m\u00e8re de Tokyo a ouvert en 1890, fond\u00e9e pour accueillir les dignitaires \u00e9trangers qui affluaient au Japon pendant l&rsquo;\u00e8re Meiji l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le Japon s&rsquo;ouvrait au monde et voulait montrer qu&rsquo;il savait recevoir. L&rsquo;Imperial Hotel d&rsquo;Osaka, lui, a ouvert en 1996, h\u00e9ritier direct de cette tradition tokyo\u00efte vieille de plus de 130 ans.<a href=\"https:\/\/www.tripadvisor.com\/Hotel_Review-g298566-d302431-Reviews-Imperial_Hotel_Osaka-Osaka_Osaka_Prefecture_Kinki.html\"> <\/a>M\u00eame philosophie, m\u00eame exigence, m\u00eame sens du d\u00e9tail mais avec Osaka comme terrain de jeu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;h\u00f4tel est pos\u00e9 au bord de l&rsquo;Okawa River, dans le quartier de Sakuranomiya, l&rsquo;un des spots \u00e0 cerisiers les plus r\u00e9put\u00e9s de la r\u00e9gion du Kansai.<a href=\"https:\/\/www.gltjp.com\/en\/directory\/item\/15250\/\"> <\/a>Ce matin-l\u00e0, pas de cerisiers mais une lumi\u00e8re blanche, froide, et Osaka qui s&rsquo;\u00e9talait \u00e0 perte de vue derri\u00e8re les baies vitr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le plateau arrive. Riz, soupe miso, omelette roul\u00e9e, \u0153ufs de saumon, pickles, th\u00e9i\u00e8re laqu\u00e9e rouge. Chaque chose dans son bol, chaque bol \u00e0 sa place. Et dehors, dix millions de personnes qui commencent leur journ\u00e9e dans une ville qui ne ressemble \u00e0 aucune autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a quelque chose de particulier \u00e0 manger aussi soigneusement dans un cadre aussi grand. La pr\u00e9cision du plateau contre le chaos tranquille d&rsquo;une m\u00e9galopole. Les deux ne se contredisent pas au Japon, ils vont ensemble.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ce qu&rsquo; Osaka dit du Japon<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Osaka est la ville la moins solennelle du Japon. Elle n&rsquo;est pas aust\u00e8re comme Tokyo peut l&rsquo;\u00eatre, ni myst\u00e9rieuse comme Kyoto. Elle est directe, gourmande, un peu bruyante, totalement assum\u00e9e. Ici, le plaisir de manger n&rsquo;est pas une coquetterie, c&rsquo;est une valeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On repart d&rsquo;Osaka avec l&rsquo;estomac plein et quelque chose de difficile \u00e0 nommer. Une sorte d&rsquo;\u00e9nergie. Celle des villes qui savent que bien manger, c&rsquo;est bien vivre et qui n&rsquo;ont pas besoin qu&rsquo;on le leur explique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Osaka, pr\u00e9fecture d&rsquo;Osaka, Japon. Wagyu Kingdom \u00b7 March\u00e9 Kuromon \u00b7 Imperial Hotel Osaka.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"767\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Capture-decran-2026-04-04-a-10.09.53-767x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-70\" style=\"width:880px\" srcset=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Capture-decran-2026-04-04-a-10.09.53-767x1024.png 767w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Capture-decran-2026-04-04-a-10.09.53-225x300.png 225w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Capture-decran-2026-04-04-a-10.09.53-768x1026.png 768w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Capture-decran-2026-04-04-a-10.09.53.png 1102w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 100vw, 767px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Capture-decran-2026-04-04-a-10.10.23-1024x768.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-69\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/B94D6A3F-D36A-4E43-BB8B-34EEB75059D4_1_105_c.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-68\" srcset=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/B94D6A3F-D36A-4E43-BB8B-34EEB75059D4_1_105_c.jpeg 1024w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/B94D6A3F-D36A-4E43-BB8B-34EEB75059D4_1_105_c-300x225.jpeg 300w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/B94D6A3F-D36A-4E43-BB8B-34EEB75059D4_1_105_c-768x576.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/DF013B97-6D16-4FFD-92EB-78120957EDC3_1_105_c.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-67\" srcset=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/DF013B97-6D16-4FFD-92EB-78120957EDC3_1_105_c.jpeg 768w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/DF013B97-6D16-4FFD-92EB-78120957EDC3_1_105_c-225x300.jpeg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/7B891469-A49E-42F7-B479-E5D9CAD0840C_1_105_c.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-66\" srcset=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/7B891469-A49E-42F7-B479-E5D9CAD0840C_1_105_c.jpeg 1024w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/7B891469-A49E-42F7-B479-E5D9CAD0840C_1_105_c-300x225.jpeg 300w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/7B891469-A49E-42F7-B479-E5D9CAD0840C_1_105_c-768x576.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"480\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/E1429050-3426-42F5-89D5-C7951C35EFD2_4_5005_c.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-65\" srcset=\"https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/E1429050-3426-42F5-89D5-C7951C35EFD2_4_5005_c.jpeg 480w, https:\/\/www.bon-vivant.co\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/E1429050-3426-42F5-89D5-C7951C35EFD2_4_5005_c-300x225.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Japon, Osaka a une r\u00e9putation. 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